Mes films de février 2019

Le Chant du Loup

Réalisé par Antonin Baudry, sorti le 20 février 2019

Aussi connu pour avoir créé la bande dessinée Quai d’Orsay avec Christophe Blain, sous le nom de Abel Lanzac, Antonin Baudry nous signe aujourd’hui un premier film qui ne m’a pas laissé indifférente.

Voici le synopsis proposé par site Pathé Films, distributeur du film:

Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. A bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l’Oreille d’Or.
Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique.
Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d’un engrenage incontrôlable.

Comme l’indique cette présentation, le film traite de la Marine National française et de leurs actions de guerre sous-marine. J’avais pu voir la première scène du film pendant le showeb de rentrée en septembre 2018, et elle avait réussi à me tenir en haleine. Nous sommes directement immergés avec les acteurs dans une mission de sauvetage en Syrie. Tout le film va être sur le même ton que cette scène d’ouverture et nous tiens ainsi en haleine jusqu’au bout. Cette pression est ressenti même durant les scènes hors des sous-marins, car chaque détail du scénario est travaillé pour que tout soit parfaitement lié.

Le son du film est aussi très bien travaillé, heureusement vu le contexte du film et les scènes d’actions dues à la guerre nucléaire. Antonin Baudry c’est offert les services de LucasFilms pour nous livrer cette performance sonore. Malgré le fait que le personnage joué par François Civil est un don -donc que lui seul pourrait entendre certains sons- le réalisateur nous offre les mêmes sons pour être au cœur de l’action. Les sons vont être exacerbés aussi dans son quotidien pour que nous puissions comprendre l’étendu de ces capacités.

Bien loin des films de guerre à la Stallone, Antonin Baudry et son casting (François Civil, Omar Sy, Reda Kated, Mathieu Kassovitz et Paula Beer) nous livre un bon film de guerre sous-marine qui sera sûrement apprécié par un large public et par les plus fins connaisseurs.

Alita: Battle Angel

Réalisé par Robert Rodriguez, sorti le 13 février 2019

Adapté du manga Gunnm de Yukito Kishiro.

Robert Rodriguez signe un bon film d’action post-apocalyptique, genre qui semble revenir sur le devant de la scène. Doctor Ido Dyson (Christopher Waltz) cherche des pièce pour réparer des cyborgs dans une décharge et tombe sur celle qu’il nommera Alita, en hommage à sa fille. Alita (Rosa Salazar) se réveille le lendemain avec un nouveau corps et tout à découvrir concernant la ville de Iron City, des personnes qui y vivent et surtout de sa propre identité.

Le découpage manque un peu de fluidité, sûrement car c’est d’abord un manga écrit en plusieurs volumes, qui amènent forcement des ellipses. Le rythme est donc un peu décousu, mais cela n’en reste pas moins un bon blockbuster et un bon film d’action. Les scènes de combats et de poursuites sont bien menées et mettent en valeur les capacités de Alita.

En dehors de cet aspect, l’héroïne est pendant tout le film en quête de son identité et de son destin. Il y a par exemple un dialogue intéressant entre Ido et Alita, concernant l’enveloppe corporelle. Ido va lui dire que peu importe son aspect corporel, ici les membres mécaniques qu’il lui rajoute, se sont surtout ses actes qui la définiront. Ce moment de confession va encore plus appuyer la relation père-fille qu’ont Alita et Ido.

Cette relation va aussi amener la notion d’émancipation familiale, mais surtout féminine. Elle affirme plusieurs fois que c’est elle qui dictera ces propres règles. L’idée d’émancipation au bout de seulement quelques jours montre le problème de sa société. Je considère toujours que ce qui se passe à l’écran et ce qui passe dans notre société est intiment lié, et que les deux se nourrissent. Ainsi, l’envie d’émancipation d’Alita montre bien qu’elle doit encore le faire car le patriarcat est toujours présent. Cela passe par des scènes toutes simples, comme quand Ido lui demande de ne pas sortir la nuit, car il sous-estime ces forces. Certes, cela peut être vu comme une preuve d’amour et de protection, mais c’est encore une fois demander aux femmes de faire attention, mais de ne pas changer la société (si je prends encore la métaphore de notre société actuelle).

Malgré ces détails, Alita est bien le film d’action de cet hiver.

Crédit image: Allociné

My Beautiful Boy

Réalisé par Félix Van Groeningen, sorti le 6 février 2019

Tiré d’une histoire vraie, inspiré des livres de Dave Sheff Beautiful Boy: A Father’s Journey Through His Son’s Addiction et de son fils Nic Sheff Tweak: Growing Up on Methamphetamines. 

Nic Sheff (Timothée Chalamet) est un jeune adulte prometteur, mais qui se drogue depuis déjà quelques années. Il cherche à trouver le bonheur à travers les produits qu’il s’injecte. Il prend notamment de la méthamphétamine. Son père, Dave Sheff (Steve Carell), fait tout pour essayer de le sortir de cette addiction.

Le film est construit par des flash-back qui montrent la relation fusionnelle que Dave et Nic avaient. Ces souvenirs sont à la fois ceux de Dave et aussi ceux de Nic. Ils se souviennent des bons et mauvais moments en ce demandant comment ils ont pu en arriver à cette situation. Sans non-plus avoir des gros plans pour nous tirer les larmes, les plans sont souvent assez serrés quand les personnages sont filmés pour bien cerner leurs sentiments ou leurs pensées. La photographie est simple et belle, et la musique est choisi pour renforcer les souvenirs, les moments d’actions ou/et les sentiments des protagonistes.

Ce film oscille tout du long entre l’espoir et le désespoir. L’espoir renaît quand nous voyons Nic sourire et jouer avec son petit frère et sa petite soeur. Mais le désespoir revient quand il retombe dans la drogue de son plein gré. Nic va lui-même dire à un moment du film:

Je ne suis pas malade, je n’ai pas un cancer. C’est un choix que j’ai fait.

Le désespoir va aussi être du côté de sa famille, qui ne sait plus comment réagir pour le faire sortir de la drogue.

Elle est ici montrée, dans ces effets par exemple, de manière informative et descriptive, plus que pour présenter un spectacle malsain ou une lourde morale. Le réalisateur nous montre les effets libérateurs de la drogue selon le personnage de Nic, mais aussi les effets négatifs comme les maladies, les sauts d’humeurs, l’addiction, et les overdoses.

Timothée Chalemet et Jack Dylan Grazer (Nic jeune adolescent) incarnent très bien la complexité du personnage de Nic, dans un film qui ne vous laissera pas de marbre.

Crédit photographie: Allociné.

Green Book: sur les routes du Sud

Réalisé par Peter Farrelly, sorti le 23 janvier 2019

Hésitant entre ce film et Yao de Phillipe Godeau, j’ai finalement décidé d’aller voir le film réunissant Viggo Mortensen et Mahershala Ali.

Tiré d’une histoire vraie, ce road-movie nous conte l’histoire de Docteur Donald Shirley, un éminent pianiste noir, et Tony Lip, un italien vivant dans le Bronx. Deux mondes se rencontrent au début des années 60 à New-York. Tony devient le chauffeur privée de Don pendant sa tournée dans le sud des États-Unis.

C’est un scénario qui semble être vu: deux personnes issues de communautés et milieux différents qui apprennent à cohabiter malgré eux; pourtant le film le fait avec une vrai sincérité. Les scènes sont tour à tour, drôles et dérangeantes, mais toujours réalistes. Bien que le personnage du pianiste soit assez moralisateur envers Tony, le film ne va pas l’être en lui-même. Il va plutôt montrer les faits, que chacun peut aider l’autre à être meilleur. Leur amitié va être complexe tout du long , ce qui rend de mon point de vu le film proche de la véritable histoire.

Adapter des histoires vraies peut sembler être un pari risqué, mais ce film fait parti de ceux qui nous aident à mieux comprendre l’histoire des États-Unis et notamment comment les personnes de la communauté noire étaient traitées. Il va aussi, par touche, s’étendre sur d’autres sujets, d’autres préjugés de l’époque. Les paysages, la musique, les costumes et les décors renforcent encore l’ambiance du film pour nous donner un bon road-movie qui nous donne le sourire. 

If Beale Street Could Talk

Réalisé par Barry Jenkins, sorti le 30 janvier 2019

Tiré du roman de James Baldwin.

Si Beale Street pouvait parler, elle dirait que Fonny est innocent.

Nous sommes dans les années 70 à Harlem, un couple de jeune afro-américain, Tish et Fonny, cherche un foyer pour vivre leur histoire d’amour. Pourtant, Fonny va être accusé à tord d’un viol atroce et se retrouve en prison. Peu de temps après, Trish se rends compte qu’elle est enceinte.

Entre le moment présent et les flash-back plus ou moins lointain montrant comment leur histoire d’amour c’est construite, le réalisateur Barry Jennins (Moonlight, 2017) exprime la difficulté d’être noir aux États-Unis.

Le film est lent, contemplatif. Pourtant, cela permet de prendre le temps de réellement faire attention aux personnages, de comprendre leurs sentiments, leurs doutes, leurs peurs. La partie du film où Trish va devoir révéler sa grossesse aux familles respectives est longue, mais respectueuse des sentiments de tous les personnages présents. De plus, les scènes au parloir peuvent sembler répétitives, mais soulignent l’amour et l’espoir du couple.

Ce film rends aussi un bel hommage à la famille. Celle de Trish va tout faire pour aider le couple à s’en sortir, par exemple en sortant du territoire pour retrouver la victime du viol, ce qui permettrait innocenter Fonny. De très belles scènes familiales se déroulent sous nos yeux avec les liens qui unissent les soeurs, et Trish et ses parents.

Si vous avez aimé Moonlight ou que vous appréciez les films sincères et pleins d’espoir, je ne peux que vous recommander ce film, qui j’espère recevra un oscar.

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s